Crowdlending : quels risques ?

Crowdlending : quel risques ?

 

En préambule vous pouvez regarder l’infographie sur le crowdlending à laquelle nous avons participé : Etude sur plus de 500 projets de prêts

 

Le crowdlending ou prêt participatif recouvre plusieurs réalités, mais dans tous les cas il s’agit d’une foule de prêteurs unis pour financer un ou des prêts. Le marché se développe lentement mais sûrement, pour atteindre 196 M€ en 2015. Toutefois il faut séparer :

  • Les chiffres de Prêt d’Union (Prêts aux particuliers) avec 130 M€
  • Des chiffres des plateformes comme Unilend, Lendix, Credit.r… (Prêt aux PME) avec 66 M€ prêtés

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  1. Les risques communs à tous les projets

 

La Nature du placement

Qui dit Prêt d’argent dit risque ! On ne peut comparer un taux sur une activité de prêt (de 2 à 9%) et celui du livret A car le niveau de risque n’est pas du tout le même. Donc qu’on se le dise le crowdlending fait courir un risque sur le capital. A vous ou aux intervenants sur le marché de faire en sorte de le minorer….. Plusieurs systèmes sont utilisables à ce jour :

  • privilégier les plateformes avec le moins de défaut
  • n’investir que dans des projets que l’on comprend
  • diversifier ses placements
  • regarder les outils de scoring existants, voir investir dans la version payante de l’un d’eux si les investissements sont importants
  • parcourir les blogs existants comme www.crowdlending.fr par exemple.
  • se faire accompagner dans le cadre d’un Mandat d’Accompagnement comme le propose www.montaigneconseil.fr

 

Les plateformes

Ce risque commence à apparaitre peu à peu et il est de 2 ordres : Le taux de défaut de cette dernière et sa propre rentabilité. On pourrait dire que les 2 sont liés, car une plateforme qui aurait un taux de défaut trop important aurait des difficultés réelles à attirer des financeurs pour ses projets, la pénurie de projets entrainant la fin de ses recettes.

Comme nous avons pu l’écrire dans un précédent article aucune plateforme (en dehors de WISEED mais qui n’est pas répertoriée dans le crowdlending) n’est rentable. Donc la défaillance des acteurs est tout à fait possible en cette période de décollage de l’activité en France. Les plateformes les mieux capitalisées doivent être privilégiées. En tout cas à moins de 10/15 M de prêts annuels une plateforme n’est pas viable (si elle a des équipes réduites) et on monte vite à 20/25 M€ pour les plateformes structurées comme Lendix ou Unilend.

Que se passe-t-il en cas de faillite d’une plateforme ? La législation les a obligées à s’adjoindre les services d’une société indépendante traitant les flux d’argent. En d’autre terme, quand vous investissez par l’intermédiaire d’une plateforme vos fonds vont de votre compte à un porte-monnaie (géré par LemonWay, S-Money, …) puis dans le projet financé. La société qui a reçu les fonds paye ses échéances à cette même société qui vous reverse le capital et les intérêts. La plateforme ne peut que prélever des frais. Jamais elle n’encaisse votre argent. Pas de risque de ce coté-là, donc. Par contre quand la société financée ne rembourse plus ses échéances (et que la plateforme à disparu) comment récupérer le solde de votre prêt ? Cela semble insoluble, mais nous verrons les solutions plus bas…

2. Les risques en fonction des types de prêts

La nature des titres, les montages

Prêts, Obligations, Bons de caisse, … il faut regarder la nature du titre négocié dans le contrat que vous signez (le plus souvent en signature électronique). La règlementation n’est pas toujours identique selon la nature du titre. Privilégiez en tout cas des structuration de dette simple :

  • le titre de créance (obligation, prêt participatif, Bon de caisse) doit être émise directement par la société emprunteuse voire par la holding du groupe si cela concerne un groupe. (Dans le cas d’un groupe il faut faire attention à la santé de TOUTES les participations…)
  • Soyez prudents avec les montages plus complexes ou vous achetez les actions d’une SAS qui investi elle-même dans la dette. (nous avons vu aussi des obligations investissant dans une autre obligation investissant elle-même dans le projet… éviter)
  • Fuyez les montages faisant appel à des Sociétés Civiles en effet vous risquez d’être exposé bine au-delà de votre investissement initial.
  • Il existe enfin des enveloppes regroupant plusieurs prêts les FCT ou Fonds Communs de Titrisation. Cela nous semble obligatoire dans le prêt aux particuliers, mais parfois discutable dans le prêt aux PME car empêchant une sélection projet par projet. De plus la structure à un coût de l’ordre de 0,40% minimum.

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Les types de sous-jacents (ou projets financés)

Sans aller dans le détail de l’étude Pouey International/Crowdlendi,g.fr/Montaigne Conseil nous listons ici des grandes familles de sous-jacents :

  • Les prêts affectés à un projet (travaux, achat de matériel, croissance externe, …) sont les plus courants et n’appellent pas d’autres commentaires que ceux de la prudence, de la vérification des chiffres avancés, des échanges sur certains blogs, et de l’analyse de la cohérence du projet.
  • Les prêts affectés à un Besoin en Fond en Roulement (BFR). Souvent la structure qui emprunte connait une croissance qui nécessite qu’elle avance un stock, qu’elle embauche un nouveau collaborateur…. Des besoins immédiats à la rentabilité non établie et que la banque finance souvent à court terme. Nous rentrons dans du plus risqué souvent. Toutefois, le financement de BFR est acceptable si les prêts courent de 12 à 24 mois. Au-delà plus la durée s’allonge plus il y a de risque. Il est clairement déconseillé de financer ce type de besoin sur plus de 4 ans.
  • Les prêts affectés à des renforcement de « fonds propres ». En complément de la banque, les prêteurs viennent prêter à la structure de projet (ou à la holding qui gère les projets – mais dans ce cas les fonds sont ciblés vers l’opération) pour lui permettre de faire face à la période la plus consommatrice de cash durant la phase des travaux. Ce principe est souvent utilisé :
    • dans le financement d’infrastructure : solaire, éolien, bio-masse, hydroélectrique….
    • dans le crowdfunding Immobilier.

Comme vous pouvez le voir, la nature des financement est très large, d’où la nécessité de se former ou de se faire accompagner.

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3. Du risque, oui, mais pour quel rendement ?

N’en déplaise à certains donneurs de leçon pensant être les seuls à détenir la vérité, le Financement participatif peut être une véritable alternative aux marchés financiers !

Cette nouvelle manière d’investir permet :

  • de faire des investissements plus compréhensibles que beaucoup de produits financiers
  • de donner du sens à sons épargne
  • d’être acteur du développement économique proche de chez soi
  • d’obtenir du rendement et même des rendements élevés.

Mais nous l’avons vu le risque inhérent à ce placement doit être bien maitrisé.

Les performances attendues dans le cadre d’un risque maitrisé nous semblent atteindre :

  • 2 à 4,5% pour le prêt aux particuliers (Prêt d’Union)
  • 4% sur les financement de coopératives
  • 4,5 à 6,5% sur les prêt aux PME avec un horizon moyen de 36 voire 42 mois
  • 5 à 6% sur les fonds propres d’opérations d’infrastructures
  • 7,5 à 10% sur les fonds propres de promotion immobilière (segment traditionnellement risqué mais marché très profond)

Tout ceci au prix d’une sélection appliquée.

Cette sélection est possible à partir du moment ou une communauté partage son savoir ou quand un professionnel fédère les capitaux de plusieurs clients et partage ainsi le coût d’analyse par projet

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4 Commentaires à “Crowdlending : quels risques ?”

  1. Bonjour Louis,

    Pour ma part, je considère que le crowdlending ne fait pas partie du domaine d’expertise d’Investissima au même titre que les titres vifs (bien que ces derniers rentrent dans le scope des Conseillers en Investissement Financier) : à mon sens, c’est du ressort des analystes financiers.
    Cependant, j’attends impatiemment l’émerge de fonds sur cette « classe d’actifs » qui pourraient rentrer dans le cadre de notre activité.

    • Louis dit :

      Merci Olivier

      La hausse de la volatilité sur les marchés financiers risque de mettre en lumière des investissements alternatifs tels que le crowdlending.

      Avec 21 Md$ de prêts chez Lending Club par exemple, peut-on parler de « classe d’actifs » ?

      Marché naissant, donc période d’observation nécessaire.

  2. Mathieu dit :

    Bonjour,
    Il est de bon ton de rappeler aux « donneurs de leçons » que tout n’est pas blanc … mais pas noir non plus ;-)
    Merci d’avoir cité le blog.

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